Pays le plus visé par les frappes menées par Téhéran, les Emirats ont adopté depuis un ton offensif envers la République islamique, tandis que ses voisins ont semblé plus mesurés.
Anwar Gargash (droite) et l'ex-secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo (gauche), au Forum international de Dubai, en février 2026 ( AFP / FADEL SENNA )
Deux mois après le début du conflit entre Etats-Unis et Iran, qui a mené les forces armées du régime iranien à répondre notamment par des attaques sur les pays du Golfe, un haut responsable émirati a critiqué la réaction de ses alliés les plus proches, qualifiée de "faible".
L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman ont créé le Conseil de coopération du Golfe (CCG) en 1981, et un accord de défense commune a été signé en 2000, a rappelé le conseiller du président émirati, Anwar Gargash, lors de l'une conférence à Dubaï.
Après le déclenchement par Israël et les Etats-Unis de l'offensive sur l'Iran et la propagation du conflit à la rive sud du Golfe, "les États membres se sont mutuellement soutenus au niveau logistique, mais tant sur le plan politique que militaire, je pense que leur position a été la plus faible historiquement", a-t-il affirmé. "Je m’attendais à une position aussi faible de la part de la Ligue arabe et cela ne me surprend pas, mais je ne m’y attendais pas de la part du CCG", a-t-il ajouté.
Exportations mensuelles de matières premières (pétrole, gaz, engrais, marchandises en vrac, etc), en volume, via le détroit d'Ormuz pour chaque pays du Golfe depuis mars 2025, d'après les données du cabinet d'analyse Kpler ( AFP / Sophie RAMIS )
Téhéran a tiré des centaines de missiles et de drones vers les monarchies du Golfe en affirmant viser des intérêts américains ou répondre aux attaques menées depuis leur territoire. Les dégats causés aux infrastructures énergétiques des pays du Golfe se chiffrent d'ores et déjà à des dizaines de milliards de dollars .
La stratégie "d'endiguement" a échoué
Les monarchies du Golfe ont toujours eu des "relations difficiles" avec leur grand voisin chiite, a souligné M. Gargash.
Selon lui, elles ont adopté ces dernières années une "politique d'endiguement de l'Iran", que ce soit à travers des "médiations, des partenariats dans le domaine énergétique, des accords stratégiques ou, comme dans le cas des Émirats arabes unis, des relations commerciales". Mais "ces politiques ont lamentablement échoué, et nous sommes désormais confrontés à une réévaluation majeure" , a-t-il dit.
2 commentaires
Vous devez être membre pour ajouter un commentaire.
Vous êtes déjà membre ? Connectez-vous
Pas encore membre ? Devenez membre gratuitement
Signaler le commentaire
Fermer